Bonanjo
Douala
Djohong, Jeu 11 Mar 2010 - 00:30
Escale gastronomique à Bonanjo
Serge Anaba / 23 décembre 2009
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En face de l’immeuble abritant la recette des finances à Bonanjo, se trouve le plus grand tournedos du quartier administratif.

C’est un enchevêtrement de petits hangars de fortune construits en matériaux précaires qui sert de refuge aux nombreux visiteurs et autres employés du centre administratif. En général, ceux-ci viennent s’y désaltérer et en profitent pour casser la croûte.

Pour la plupart, ce sont les agents des services des impôts dont les locaux jouxtent ledit marché. Il y a aussi les déclarants en douane, les transitaires dont l’activité se résume à faciliter les formalités douanières aux importateurs. Ils n’ont ni bureau ni chaises et sont obligés de squatter cet endroit pour soit alpaguer un client, soit finaliser le montage d’un dossier en douane avant de l’envoyer en validation.

Les capots des voitures leur servent de table à écrire. Ouvert très tôt le matin aux environs de sept heures, c’est tard dans la nuit que les vendeuses, dont l’âge varie entre 15 et 50 ans voire plus, mettent la clé sous le paillasson. Selon un habitué de la zone, cet endroit est aussi un haut lieu de prostitution.

Des dizaines de filles y débarquent en effet dès le levé du jour, engoncées dans des tenues extravagantes et provocantes, des DVD (Dos et Ventre Dehors) et VCD (Ventre et Cuisses Dehors), pour venir faire du gringue aux nombreux mâles qui écument le secteur.

Et on y vent un peu de tout du poisson braisé, de la viande de brousse : porc-épic, pangolin, varan… des feuilles de manioc cuites à la pulpe de noix de palme « Sanga », du poisson fumé à la sauce d’arachide « Nfiang Wondo », du poisson à la sauce pimentée très épicée « Pepe Soup », du cous – cous de manioc trempé accompagné de légumes de Okok « Wata fufu and eru ». Le tout arrosé d'une bière bien fraîche.

Pour ce faire, les vendeuses utilisent les carcasses d’anciens réfrigérateurs hors d’usage pour y ranger les bouteilles de bière. Par la suite elles superposent des morceaux de glace au-dessus et au bout de deux ou trois heures, les boissons sont prêtes à être consommées par les demandeurs.

Manifestement, les tournedos de la recette des finances ont pignon sur rues si l’on en juge par le nombre sans cesse croissant de visiteurs qui les fréquentent. Pendant, les heures de pause, les nombreux étals présents sont littéralement pris d’assaut par une horde d’affamés venus se régaler. Ces derniers se plaignent pourtant des prix pratiqués par les vendeuses, qu’ils jugent trop élevés.

Il faut en effet débourser la rondelette somme de 1000 F CFA pour avoir droit à un plat. Certains mets comme la viande de brousse coûtent encore plus cher et ne sont pas à la portée du premier venu. Même s’il est à noter que tout cet argent ne rentre pas dans leurs poches, obligées qu’elles sont de négocier le bail avec de nombreux intermédiaires tous se réclamant de la communauté urbaine, au risque de se faire expulser.

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